Roman d’apprentissage, L’Idole mise à nu suit les pérégrinations de quatre ami.es qui tentent de se libérer de l’emprise d’un professeur de faculté, « capable de dérober le sol sous les pieds de son auditoire au moyen de la parole, exclusivement ». Dix ans plus tard, ce ‘maître à penser’ les invite à renouer avec les choses de l’esprit, dans la maison qu’il possède en Italie. Mais là, il continuera d’abuser de son pouvoir de séduction et de sa méchanceté avec un plaisir diabolique, tout particulièrement à l’encontre de Wan, le narrateur.
Celui-ci est habité par les lectures qui l’ont impressionné au point d’entrer naturellement dans sa vie quotidienne. « L’intensité de l’imaginaire l’emporte chez moi sur la fadeur du réel », dit-il. Et nous le suivons volontiers dans ces réminiscences littéraires qui s’insèrent avec grâce dans le déroulement des faits. A la rencontre du désir charnel, de la poésie, de l’évasion, de l’amitié, ce roman nous convie aussi à réfléchir sur le mensonge, la vieillesse, la déchéance et la mort. Et par son écriture sensible et fluide, l’auteur nous tiendra en haleine jusqu’à une fin déconcertante où la fiction l’emportera sur le réel. A moins que ce ne soit l’inverse…


