Le désarroi de l'enfant de choeur Elisabeth Motsch

Publié le 15 novembre

16 €

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Le Désarroi de l'Enfant de Chœur

Elisabeth Motsch

Résumé

Paul est un enfant heureux, il aime jouer, rire, courir et est fier d’être scout d’autant que les activités le passionnent. Quand il devient aussi enfant de chœur c’est encore mieux. Sauf qu’un certain père Ménager a des vues sur lui. Après s’être fait aimer de toute la communauté paroissiale et de la famille de Paul qui le reçoit régulièrement, ce prêtre sans scrupule envoûte le jeune garçon et ne lâche plus jamais son emprise sur lui.

L’emprise ce pourrait être le sujet de ce livre. Personne ne peut croire que cet homme si charismatique soumet un jeune garçon à ses pulsions féroces. La hiérarchie catholique pour sa part s’obstine à étouffer cette “affaire”.

Trente ans plus tard, Paul se souvient et comprend qu’il doit agir, il ne peut laisser les autres victimes s’exposer seules, il est des leurs.

Après un temps d’incrédulité, sa mère finira par le soutenir et plus encore, un jeune séminariste, témoin d’une de ces scènes d’abus sexuels. Son ami Vladimir, scout comme lui et toujours à ses côtés, sera pour finir son avocat et son défenseur, pétillant d’idées et d’humour.

Ce livre est une œuvre romanesque, construite à partir de témoignages de personnes abusées dans leur enfance. Comme l’a dit un prêtre psychothérapeute, “on entend les victimes mais on ne les écoute pas”. Le Désarroi de l’Enfant de Chœur se place à la hauteur  d’un enfant, confiant puis terriblement violenté. Son histoire est celle d’un enfer quotidien, qui l’emprisonne et le marquera à jamais.

L’auteure

Elisabeth Motsch est éditrice et écrivaine. Elle a publié des romans, des nouvelles, un essai, des traductions littéraires et des livres pour la jeunesse (voir le site elisabethmotsch.com).

Dans la foulée de mai 68, elle a partagé l’engagement des féministes du MLF et ouvert  une librairie de femmes, Carabosse, associée à un café littéraire, Barcarosse. Plus tard, elle a participé à la création d’un lycée autogéré et public. Devenue auteure, elle continue à s’engager, entre autres auprès des personnes autistes. Elle est mère de trois garçons avec qui elle partage des goûts artistiques.

Après avoir écrit beaucoup de livres destinés aux jeunes, elle a souhaité exprimer dans Le Désarroi de l’Enfant de Choeur la douleur d’un enfant victime d’abus sexuels par un prédateur religieux au-dessus de tout soupçon.

Elisabeth Motsch

Première page

L’orgue électrique annonce la fin de la première messe. Accords graves et maintenus. L’officiant, suivi de l’enfant de chœur, rapporte le calice et la croix dorée à la sacristie.  Un mince filet de lumière se glisse dans la petite pièce par le vitrail losangé, vert et jaune sale. Cela ne permet pas d’y voir très clair mais n’empêche pas de disposer la chasuble brodée d’or sur le gros meuble à tiroirs et le précieux calice dans sa boite doublée de velours bleu.

Le prêtre tire une vieille chaise paillée derrière le meuble volumineux, s’assoit et fait signe à l’enfant de chœur de venir. L’enfant ouvre de grands yeux et obéit. Ils n’échangent pas un mot. D’un geste de la main, le prêtre le fait asseoir sur ses genoux. Une forte odeur de naphtaline s’échappe du placard ouvert. Les murs gris les enserrent comme une camisole de pierre. Le silence est total.

Le prêtre l’attire contre lui et l’embrasse sur les joues, passe la langue dans ses oreilles, puis le serre très fort contre son buste. L’haleine de l’homme empeste, tandis que sa respiration s’accélère et devient bruyante tel un chien qui halète. Puis il soulève l’aube rouge du garçon, qu’il accroche au cordon blanc par derrière, défait le bouton du pantalon et la ceinture, tire la fermeture éclair de la braguette. L’enfant se laisse faire, comme un bébé qu’on déshabille. Le prêtre ouvre rapidement son propre pantalon, sous l’aube blanche qui le recouvre. Puis il saisit la main du garçon et l’introduit dans son grand slip. L’enfant résiste un peu mais est entraîné de force vers le sexe de l’homme. Un sexe chaud, énorme et humide, comme une grosse bête vivante. Celui de l’enfant de chœur est tout petit mais le prêtre le trouve vite, le secoue, caresse la peau.

Le garçon tremble un peu mais il ne veut pas savoir ce qui se passe. Ou plutôt, il a vaguement l’idée que si le prêtre le fait, c’est que cela doit se faire. Peut-être que cela se fait. Il est petit et ne sait pas tout. L’homme transpire beaucoup et continue de haleter mais il ne lui fait pas mal, il lui murmure même des mots gentils, des mots à peine articulés, qui se veulent rassurants. “N’aie pas peur… Tout ça est normal… Cela se fait quand on veut dire qu’on aime… C’est l’amour… Je t’aime, tu comprends….” Paul ne comprend pas, il se tasse, oisillon prisonnier, il voudrait que ça s’arrête, au plus vite, mais le prêtre insiste pour que l’enfant le caresse, et maintenant, pour qu’il serre son sexe et le secoue, de plus en plus fort, en faisant glisser la peau. La grosse main droite ne lâche pas un instant la petite main. Les sourcils du garçon se froncent, son cœur bat trop vite. Il n’y arrive pas vraiment.

Soudain la porte s’ouvre. Quelqu’un entre. Le prêtre aussitôt retire ses mains, lâche le garçon, le repousse en arrière avec brutalité et précipitamment se lève.